L’énigme du crash en Haute Bléone résolue

Le 27 janvier 1948, un Dakota de l’armée américaine qui transportait une dizaine de civils, dont des enfants, s’écrasa sous le sommet de la montagne du Cheval Blanc (2323 m) qui domine la haute vallée de la Bléone (Alpes de Haute-Provence). Le 30 janvier, une forteresse volante partie à la recherche de l’épave s’écrasa à son tour, approximativement au même endroit. Les deux accidents firent au total une vingtaine de victimes. On peut encore voir, dans les ravins à l’aplomb du sommet, côté Verdon, des morceaux des carlingues.

Le 1er septembre 1953, le vol d’Air France à destination de Saïgon percuta les pentes du mont Cimet (3020 m), dans le massif du Pelat. Bilan : 42 morts, dont le violoniste Jacques Thibaud.

Le 24 mars 2015, un Airbus A320 s’écrase à une dizaine de km à l’est de Seyne-les-Alpes, sur les pentes escarpées de la Montagne des Têtes, faisant 150 victimes.

J’ai ressorti ma carte IGN au 1/100 000e Nice/Barcelonnette et j’ai tracé les lignes reliant les sites de ces différents accidents. J’ai obtenu un triangle approximativement isocèle dont les côtés égaux mesurent chacun 19,5 cm, soit 19,5 km, mais je ne dispose pas des coordonnées exactes du crash de l’A320, pas plus d’ailleurs que de celles des autres point d’impact, d’où un coefficient d’erreur minime, mais dont il faut tenir compte.

J’ai tracé les bissectrices de mon triangle isocèle et je suis tombé, à leur point d’intersection, à proximité des sources de la Bléone.

Ce n’est pas, à mon avis, une enquête sur la personnalité du copilote qui va beaucoup nous éclairer sur les causes du  drame. En revanche, une enquête sur les coordonnées géographiques précises des points d’impact aurait des chances d’être beaucoup plus éclairante. Fort de mon premier repérage, je me suis aventuré à échafauder l’hypothèse suivante :

l’acte du copilote est à coup sûr un acte délibéré, d’essence mystique, destiné ( consciemment ou non ) à marquer le troisième sommet de ce qu’il n’est pas exagéré de nommer le Triangle des Bermudes Provençal.

De nombreuses coïncidences chiffrées semblent conforter mon hypothèse, Par exemple, la somme des trois côtés de mon triangle donne :

19,5 + 19,5 + 30 = 69

Ce résultat suggère un acte d’essence érotico-mystique.

Avouons qu’un triangle des Bermudes dans ce coin un peu perdu des Alpes, ce serait un sacré bonus pour le tourisme local ! Il y  a longtemps que les responsables du tourisme des A.-H.-P. devaient rêver, sans trop y croire, d’un coup de pub aussi fumant.

Trêve de plaisanteries. Mon hypothèse reste trop fragile. Pour qu’elle soit acceptée, encore faudrait-il prouver que ce copilote savait que la région avait déjà été le théâtre de deux catastrophes aériennes, anciennes de surcroît, et qu’il en connaissait les coordonnées géographiques précises. Cela paraît, à première vue, peu probable.

Mais tout à coup, en une Vision fulgurante, ce que je crois être la vérité m’est apparu. Mon hypothèse initiale, quelque peu farfelue, m’avait-elle mis sur le chemin de la véritable explication ? Et cette explication ouvrait mon esprit sur quelque chose de beaucoup plus fascinant. Qu’on en juge.

Il n’y a pas si longtemps encore, lorsqu’un accident de montagne se produisait, il n’était pas rare de lire dans les journaux  des titres de ce genre : « La montagne a encore frappé » ou « La montagne s’est vengée ». Incontestablement, ces titres laissaient transparaître le souvenir confus de très anciennes croyances, en des temps où l’on n’approchait pas la montagne sans crainte ni vénération, des temps où l’on croyait en l’existence de l’Esprit de  la montagne, où l’on redoutait sa puissance, où on lui rendait hommage sous la forme d’offrandes et de cérémonies. Quel randonneur solitaire, aventuré dans les hautes solitudes montagnardes n’a pas été souvent la proie d’un  frisson d’angoisse, d’horreur sacrée, sous les escarpements altiers de quelque crête, saisi par le sentiment de la présence de l’Être invisible, véritable maître de ces lieux retirés ?

Mais ce religieux respect s’est perdu. La mode des sports d’hiver a infligé à la montagne de cruelles offenses : alpages éventrés au bull-dozer, entassements de béton, skieurs braillards dévalant les pentes en semant leurs menus détritus. La haute montagne se voit quotidiennement narguée par des cigares métalliques volants dont les misérables occupants n’hésitent pas à larguer leurs tinettes sur les hardes de chamois !

Mais les divinités de la montagne savent se venger. Ce sont elles à la vérité qui, en 1948, puis en 1953, ont attiré à elles ces trois avions venus les narguer, ridicules pétrolettes des airs. Elles ont encore frappé le 24 mars dernier. Pourquoi justement là ? Mon triangle nous guide vers la réponse.

A proximité du croisement des bissectrices de mon triangle des Bermudes provençal, il y a les sources de la Bléone.  Les hautes pentes qui les voient naître comptent parmi les lieux les plus sauvages de ce pays. Il n’en faut point douter : l’Esprit de la montagne les hante. Il entend se protéger des intrusions toujours plus fréquentes de ces humains qui ne savent plus l’honorer, comme le faisaient leurs ancêtres. L’entreprise commence en 1948, Elle se poursuit en 1953. On dira que ces dates sont lointaines, mais qu’est-ce qu’un demi-siècle pour des forces qui se donnent libre cours sur des dizaines de millions d’années ? L’Esprit de la montagne a décidé de s’enfermer dans un triangle magique. Il reste à fixer le point qui permettra d’en tracer les lignes invisibles mais d’autant plus sacrées. Ce sera la montagne des Têtes, au nom mystérieux, prédestiné, terrifiant. La montagne des Têtes veut des têtes, elle attend le sanglant sacrifice. Il aura lieu.

Dès lors, il est vain de s’interroger sur les motivations du malheureux copilote. Il ne s’agit ni d’un suicide ni  d’un acte terroriste. Il s’agit de quelque chose de beaucoup plus terrifiant que cela, de quelque chose de bien plus inhumain, au sens précis du mot inhumain.

Au moment où l’avion atteint son altitude de croisière et met le cap droit au Nord, son sort est scellé. Les deux occupants du poste de pilotage n’agissent plus : ils sont agis par une force mystérieuse dont ils ignorent la nature et même la présence. Une fois resté seul dans le poste de pilotage, le copilote n’est plus qu’un zombie entièrement soumis, entièrement voué à la puissance qui l’habite tout entier, qui lui fait verrouiller la porte, enclencher le processus de descente de l’avion, jusqu’à ce point précis, et nul autre, celui qu’a choisi l’Esprit de la montagne pour y célébrer le sanglant sacrifice.

Tout le monde en France, ou presque, ignore que la Bléone est une des plus belles rivières de France. Après avoir tracé sa route plein Sud, à partir de sa source, sur les pentes du massif des Trois-Evêchés (tiens, à nouveau le chiffre trois), elle dessine une courbe harmonieuse en forme d’hameçon de pêcheur à la truite, avant de remonter plein nord pour traverser Digne et aller rejoindre la Durance. Quel beau et singulier parcours !

Depuis des années, je rêve de remonter à pied le cours de la Bléone, surtout dans sa partie haute, qui est une des régions les plus préservées et les plus naturelles et sauvages de France. Mais l’occasion ne s’en est pas présentée. Pas encore.

A vrai dire, la Haute Bléone n’est pas ignorée de tout le monde. Les canoëistes et kayakistes de haut niveau accourent chaque année du monde entier pour y affronter les difficultés du cours de la rivière et de ses affluents.

 

Additum –


Aux dernières nouvelles, il semble assuré que le copilote connaissait bien la région où il a « choisi » de précipiter l’avion. En particulier, il l’aurait survolée à plusieurs reprises aux commandes d’un planeur. Une de ses relations le décrit comme « obsédé par les Alpes ». Il est probable qu’il savait très exactement où l’avion allait s’écraser. J’avance les hypothèses suivantes ( à vérifier) :

– en une Vision fulgurante, le copilote entend une Voix (ben quoi, on peut voir et entendre à la fois; moi, quand j’ai mes visions, je vois et j’entends la Vierge Marie). La Voix lui dit : tu dois écraser cet avion sur les pentes de la montagne des Têtes ! Elle lui indique même les coordonnées géographiques précises; ou bien c’est lui qui les détermine avec précision; reste à savoir s’il avait connaissance des deux accidents de 1948 et de 1953; je pose l’hypothèse que oui;

– survolant en planeur le massif des Trois Evêchés, il s’est retrouvé, à un moment ou à un autre, à l’aplomb des sources de la Bléone;

– le secteur des sources de la Bléone est le siège d’anomalies gravitaires et magnétiques importantes ;

– les sources de la Bléone sont connectés avec celles du Verdon, situées approximativement à la même altitude ; on me demandera quel rapport, je répondrai qu’autant charger la barque, tant qu’on y est;

– le tracé du cours de la Bléone correspond à un système de failles cisaillant l’écorce terrestre en profondeur; il en va de même du cours du Verdon et de celui de la Durance; la similitude des trois tracés (parcours Nord/Sud suivi d’une brutale bifurcation vers l’Ouest) est frappante; enfin, moi, elle me frappe; je suis très frappé par tous les détails de cette histoire, vraiment très frappé;

– une pulsion suicidaire — et encore moins une  motivation terroriste — ne saurait expliquer le comportement du copilote ; ce comportement s’explique entièrement, selon moi, par l’influence — non consciemment perçue par lui —  de puissantes Forces Telluriques qui ont fait du malheureux  leur agent totalement soumis, dès ses premiers survols du massif. De ces forces telluriques, nous ignorons encore tout. Elles peuvent n’agir que sur un seul individu : l’élu de leur coeur ou de leur haine. A la faveur des anomalies géotectoniques du coinsteau, elles peuvent envoyer un jet (genre trou noir, troun de l’air !) maléfique vers l’aviateur de passage, le vélivoleur aventuré, le temps de le zombifier. Puis elles se réfugient à nouveau dans leur ténébreux repaire.

Invoquer la « folie » de l’intéressé n’apporte donc absolument aucune lumière tant qu’on n’a pas cerné la nature et les causes de cette « folie ». Il serait en revanche plus productif de l’analyser comme un phénomène de possession. A cet égard, il serait certainement très éclairant d’établir s’il existe ou non un lien entre les premières manifestations d’un état psychique perturbé (1) et les premiers séjours du copilote dans la région du crash.

Il existe des montagnes fatales comme il existe des femmes fatales.

Parce que c’était lui, parce que c’était Elle.


Note 1 –

A l’intention des malveillants, je précise que mes séjours à l’hôpital psychiatrique de *** n’ont strictement aucun rapport avec les hypothèses  scientifiquement plausibles que j’avance dans ce billet.

 

Mon vrai nom est Herlock S.

En Haute Bléone. L’Esprit de la montagne sait se montrer bienveillant, pour qui sait l’honorer

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