A biclou du Galibier à l’Izoard (7)

Cette fois, c’est décidé ! Pleins gaz direction Mont-Dauphin, que j’entrevois au bout des lignes droites. Et si on changeait de côté un peu pour voir ? C’est pas mal aussi, du côté de l’Est. Je ne sais plus si c’est de la Roche de Rame ou de Saint-Crépin que je partis pour rejoindre une haute vallée que surmontaient de longues crêtes, assez molles il est vrai, parsemées de lacs. Je me rappelle qu’on peut atteindre à biclou la rupture de pente au-delà de laquelle s’ouvre cette haute vallée, jadis  occupée par un glacier. On peut même biclouter bien au-delà.

Les lacs du Lauzet., au-dessus de Saint-Crépin

Poursuivant sa route plein Sud, le bicloutier ne saurait ignorer les magnificences de Mont-Dauphin. Parmi elles, l’église baroque, que l’on comparera à celle de Briançon (vide supra).

Eglise Saint-Louis, Mont-Dauphin

De Mont-Dauphin, on poussera jusqu’à Eygliers, d’où, empruntant la D 37, on s’en ira dominer les gorges du Guil, jusqu’au-dessus de la Maison du Roy.

Hameau de Gros, commune d’Eygliers

Mais, au pied des vaubanesques fortifs, voici que le Guil a rejoint la Durance, et que le peloton vire plein Ouest. Quant à nous, nous nous autoriserons une bicloutesque escapade en direction de Risoul, perché là-haut, que nous rejoindrons par une série de larges lacets, dans une ambiance forestière, avant d’atteindre le lac du Pré du Laus.

Lac du Pré du Laus, Risoul

Au Sud-Est, le col de Saluces ! On ne saurait s’y dérober. Vue plongeante sur les alpages de Vars.

Le pic de Chabrières (2746 m), au Sud du col de Saluces (2444 m)

Bon, il est temps de redescendre, sinon nous ne rejoindrons jamais l’Izoard dans les temps. Mais à Saint-Clément-sur-Durance, nous bifurquerons à nouveau, vers le N/N/O,  et le parc national des Ecrins pour remonter ( à biclou ) le long vallon qui nous mènera à la cabane de Saint-Clément, au pied du haut vallon du Couleau, dominé par le pic de Rochelaire et la tête de Vautisse.

La cabane de Saint-Clément
Publié dans France, randonnée | Laisser un commentaire

Tautologie tétonlogique

Notre championne du disque, médaillée de bronze aux championnats du monde, s’appelle Malvina Robert-Nichon.

 

J’ai beau être un enthousiaste partisan des avancées féminines, j’ai pensé qu’entre robert et nichon, on pouvait choisir, de façon à éviter cette fâcheuse redondance pléonastique. Surtout avec le look d’Amazone qu’elle a.

 

N’en rajoutons pas !

 

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

Une vocation (partiellement) ratée

Ce mardi 25 juillet, il achève la quatrième et dernière des cures de ce qu’il appelle sa « potion magique ». Dans son cas, cette métaphore drôlatique semble correspondre à la réalité, ce qui, malheureusement, n’est pas toujours le cas. Le passage dans le tuyau, lui aussi magique, il y a quatre mois, à la fin de la précédente cure, avait indiqué une régression des nodules péritonéaux, de surcroît « non fixants » (entendez qu’ils ne fixaient pas le glucose radioactif dont son friandes les cellules déviantes).

Cette fois, huit jours se passent sans que le grand manitou ait validé le signal d’un nouveau passage dans le tuyau. Il est vrai qu’il était en vacances. Mais, deux semaines sont maintenant passées, il est revenu de vacances, et toujours pas de signal.

Il a beau se dire que, si le signal arrive, ce sera le début d’une nouvelle séquence de crises d’angoisse (quel sera le verdict du tuyau ?), il commence à se faire des films : le grand manitou l’a oublié, ou bien (pour une raison mal connue) il ne l’aime pas, ou il y a des choses qu’on veut lui cacher. Le mail et l’appel téléphonique adressés au grand manitou sont restés sans réponse. Or une date butoir (le 23 août) se rapproche à toute allure, celle où il doit se rendre à Marseille prendre l’avis du grand manitou n° 2 (ou n° 1) qui décidera s’il y a lieu d’ouvrir aux fins de nettoyage, ou non. Le passage dans le tuyau doit donc avoir eu lieu avant, et l’avis de son confrère éclairé par les lumières du tuyau doit lui être parvenu avant.

Le jeudi 8 au soir, submergé par l’angoisse, après avoir longuement tergiversé, il décroche le téléphone  et appelle le grand manitou sur son portable, pour en avoir le coeur net. Il est onze heures du soir. Il le trouve chez lui, peut-être au pieu. Pas content, le grand manitou, qui lui signifie sèchement que, si tout le monde en faisait autant, vous comprenez que ça deviendrait invivable. Il s’excuse platement. L’autre lui a tout de même indiqué que, son tuyau, il s’en occupe. Le lendemain, aux heures ouvrables, il rappelle le grand manitou pour renouveler ses excuses ; l’autre lui confirme que, du tuyau, il s’occupe.

De fait, ce samedi, il reçoit le mail libérateur. L’angoisse se dissipe instantanément, comme nuée d’orage.Ben, tu vois qu’on ne t’avait pas tout-à-fait oublié. Va donc l’aider à sortir de son lit, à rejoindre son fauteuil, à lui préparer son repas. Il n’est que temps.

Il revoit ce vieux dans sa chaise roulante, que le grand manitou s’apprêtait à pousser jusqu’à la radio. Ben, qu’est-ce que vous attendez, pignait le vieux, qu’est-ce que vous attendez pour m’y emmener, à la radio ? Il s’était dit, l’entendant hurler, que tout de même, il n’en était pas là. Ben si, il en est là.

Il a deux ans. C’est un petit garçon aimant et très sage. Il paraît qu’il aimait beaucoup chanter, devant un public acquis d’avance à son talent. Un jour, il déclare tout de go, sans prévenir, qu’il ne chantera plus. Malgré son jeune âge, sa mère l’envoyait régulièrement dans le village acheter du pain, le journal. Maintenant, il refuse obstinément d’y aller.

Le secret de ces revirements n’était pas bien malaisé à percer : une petite soeur était née, et le petit garçon, jusque là le petit roi de la maison, était jaloux. Sa mère était sans doute la mieux placée pour le comprendre, surtout qu’elle était institutrice, et même directrice d’école. Mais Françoise Dolto n’avait pas encore expliqué aux mères ces choses-là, et puis la maman du petit garçon était fort occupée. Elle n’avait pas de temps à perdre. Elle a donc résolu, pour briser la résistance de son fils, de recourir à la manière forte, selon une méthode digne de la rue Lauriston : il est vrai qu’on était en 1942. Elle a donc rempli d’eau bien froide une grande bassine, celle qui servait aux lessives, elle a soulevé son petit garçon par les pieds, la tête en bas, et elle l’a descendu doucement, jusqu’à ce que le bout de son nez effleure l’eau froide.

Le petit garçon est terrifié. Il croit que sa maman chérie va le noyer, il croit que sa maman chérie veut le tuer. Du coup, lui, il veut bien tout ce qu’elle voudra.

Car cette mère tortionnaire, cette mère imbécile, il l’adore. Il  continuera de l’adorer longtemps, même après ça. Mais dès lors une malédiction s’est installée en lui : l’adoration se double d’une défiance glacée. Quand on a au fond de soi ce noeud de vipères, cela ne vous prépare pas à éviter de trop voyantes contradictions dans les relations amoureuses ou amicales qu’on aura plus tard.

Le grand manitou  et son confrère (celui de Marseille) ne sont pas sa mère. Ils ne l’ont pas mis au monde. Mais ils lui ont sauvé la vie ; ils l’ont rendu à la vie ; ils lui ont fait ce cadeau royal de sept  (bientôt huit) années de vie. C’est pourquoi, à eux deux, ainsi qu’à tous les membres de leurs équipes qui l’ont aidé à se maintenir à flot, il se sent une reconnaissance sans réserve. Il les aime, sans réserve. Du moins le croit-il. Car cette reconnaissance qui ressemble à de l’amour, au fond de lui s’entrelace à une défiance glacée.

On passe sa vie à oublier à quel point on dépend des autres. à quel point on ne saurait exister sans les autres. Ce sont les autres qui, à chaque instant, et de mille et une manières, vous maintiennent à la surface du flot de la vie.

C’est ainsi que, depuis le premier jour de leur rencontre, elle n’a cessé, à chaque instant, de l’aider à vivre, d’illuminer  sa vie de sa présence d’ange de Roublev. Et quand, voici sept ans, la question de la survie s’est posée pour lui, elle a toujours été près de lui, affairée à aplanir les difficultés du quotidien.

Mais c’est maintenant son tour à elle. Cela s’appelle les séquelles d’un AVC. C’est le langage massacré. C’est la marche hésitante, presque impossible sans le secours d’une main, ou du déambulateur. Ce sont les mille et une difficultés du quotidien.

Il est devenu ce qu’on appelle un aidant, presque vingt quatre heures sur vingt quatre. Ce n’est pas une corvée, c’est une  joie-souffrance de tous les instants. Il est près d’elle ; il rit avec elle ; ils sont ensemble ; ils sont heureux.

C’est ainsi qu’il cède à l’appel d’une vocation que, jadis (ou naguère ?) l’ignorance, le peu de sensibilité, le manque d’imagination d’une mère avait failli faire taire en lui, pour toujours. Mais cette  vocation-là était peut-être, en lui, plus forte que tout.

( Posté par : L’aidé-aidant, avatar eugènique (parfois) contradictoire

Publié dans vie | Laisser un commentaire

A biclou du Galibier à l’Izoard (6)

Ah, la belle descente sur l’Argentière-la-Bessée ! C’est là qu’il est prudent de solliciter les freins du biclou. Quelle belle petite ville ! Et puis, c’est qu’on voit de loin l’entrée de la vallée du Fournel, qui sera notre prochain détour. Très resserrée d’abord, dans les parages des anciennes mines d’argent, exploitées depuis les Romains, puis s’élargissant confortablement, elle nous conduit ( à biclou, mais oui) loin à l’intérieur des montagnes, jusqu’à l’Ourmance, paradis du chardon bleu. Ensuite, c’est la haute vallée. Vues magnifiques sur les crêtes de Dormillouse. Le GR 541, qui l’ emprunte, nous conduirait jusqu’au Pas de la Cavale, dans les parages du Sirac (voir chapitre précédent). Balade sans grande difficulté, un peu monotone peut-être. Sur la droite on peut monter (à biclou, mais il faudra forcer sur les pédales) au col de la Pousterle, qui ouvre sur les alpages de Puy-Saint-Vincent. Beau parcours forestier, surtout dans les hauts. Belles balades à partir du col.

Vallon du Fournel
Près du col de la Pousterle. Au fond, le Pelvoux

Retour à l’Argentière. Nous voilà à nouveau sur la RN94, plein pot vers Mont Dauphin. Mais qu’aperçois-je, à droite ? L’entrée de la vallée de Freissinières, que nous remonterons ( à biclou ! à biclou ! ) jsqu’au pied du plus charmant hameau des Hautes-Alpes : Dormillouse.

Dormillouse (1726 m)

Au-dessus de Dormillouse, on atteindra sans peine les lacs Palluel (2472 m) et Faravel (2386 m).

Lac Palluel
Lac Faravel

Beaucoup plus longue, par contre, sera, vers l’Ouest, la montée au col de Freissinières (2782 m), d’où l’on peut atteindre le lac des Estaris et Orcières-Merlettes.

Du col de Freissinières vers l’Est. Merci Geol.Alp

Mais il est plus que temps de rejoindre notre RN 94 !

(La suite au prochain numéro)

Publié dans France, nature, randonnée | Laisser un commentaire

A biclou du Galibier à l’Izoard (5)

C’est dit ! Mettant ma roue dans les roues des géants du Tour 2017, me voici, quittant Briançon pour l’Izoard (par le chemin des écoliers). Je fonce dans la descente, longeant la zone commerciale implantée à la sortie de la ville. mais voici qu’à gauche, un panneau m’intrigue : Villar-Saint-Pancrace. Qu’est-ce ? En tout état de cause, un nom aussi attrayant mérite un (petit) détour.

A la sortie de Villar-Saint-Pancrace, la montée forestière jusqu’aux chalets des Ayes est trop attrayante pour qu’on lui résiste. Puis on remonte le vallon jusqu’au lac ( 1927 m) qui occupe le fond du vallon, sous les chalets de l’Alp. Arrivé là, il faut laisser le biclou par un circuit qui, par la forêt, puis dans l’alpage, nous hissera jusqu’au col des Ayes (2477m), sur une crête qui nous conduirait, si nous la suivions jusqu’au col … d’Izoard ! A vol  d’oiseau, il est à moins de 4 km. Du col des Ayes, un sentier descend d’ailleurs dans le vallon de Brunissard. Je commence à m’interroger sérieusement sur la compétence des gens qui ont tracé le parcours de l’étape du Tour !

En tout cas, au col des Ayes, la vue est superbe, vers l’O/N/O et vers l’E/S/E. Les photos suivantes en donnent une idée. La première vers le N/O, où l’on distingue les aiguilles d’Arve. La seconde vers l’Est.

Vue vers l’Est. En bas, le vallon de Brunissard. A l’horizon, Viso (à gauche) et Tête des Toillies (à droite)

Et quelle est donc cette montagne imposante qui domine l’horizon de l’Est ? Le mont Viso, bien sûr.

Zoom sur le Viso, depuis le col des Ayes

Mais il est temps de retrouver l’itinéraire des champions, et nous rebicloutons, tous fanions au vent, dans la descente sur Villar Saint-Pancrace.

Nous revoilà sur la belle RN 94, que nous descendons allègrement, jusqu’à ce que se découvrent à nous, à l’Ouest cette fois, les perspectives d’une vallée profondément enfoncée dans les montagnes. Le nom des Vigneaux, première localité  traversée, nous suggère l’existence de vignobles. Existent-ils encore ? Allons voir ça. De grands panneaux nous indiquent que nous entrons en Vallouise. Ma jolie Vallouise… Ah ah ah ! Voilà qui me rappelle une chanson des années … 80 ?

Bon, on ne va pas trop s’attarder, mais trois itinéraires au moins nous paraissent s’imposer. Le premier, classique, nous conduit, par Pelvoux et le pré de Madame Carle (où nous laisserons le biclou), au refuge du Glacier Blanc (2542 m).

Au départ d’Ailefroide, une belle et facile balade aussi, vers le refuge du Sélé, que je n’ai pas atteint, faute de temps, m’arrêtant au pied de la barre sur laquelle il est perché.

Dans le vallon de Celse Nière, vers le refuge du Sélé

Après ça, et comme il faut songer à se limiter tout de même, comme dirait le Dom Juan de Molière, nous remonterons sur notre biclou pour grimpetter jusqu’au parking du sentier de l’Eychauda. C’est dans un pierrier, au-dessus du lac (2514 m), que je ramassai un bloc de schiste noir finement lamellé par le métamorphisme, et qui, depuis, orne, solitaire, un coin de mon jardin. Je lui accorde un regard chaque fois qu’il me tombe un oeil. Ingratitude !

 Le sentier à gauche de la photo ci-dessus monte au col des Grangettes (2684 m). Dans la montée et au col, belles vues sur le glacier de Séguret-Foran, diverticule du glacier des Agneaux. Du col, descente raide sur le Monetier.

 

Au col des Grangettes

 

Du col des Grangettes,  descente possible (raide) vers le Monêtier. Mais  ça nous retarderait vraiment, et il est plus que temps de retrouver le biclou pour descendre (à fond de train) jusqu’à la route de Briançon à Guillestre, où nous retrouverons les traces de nos champions !

Mais, foutre cul ! — j’allais en oublier une incontournable quatrième, qui, de Vallouise, parcourt une longue vallée jusqu’aux chalets d’Entre-les-Aigues, où nous laisserons le biclou, pour monter résolument plein Sud au col de l’Aup Martin (2761 m). De là au pas de la Cavale, il n’y a qu’un … pas. Cela nous permettrait de descendre dans le vallon de Champoléon, et alors, à nous le Sirac etc ! Mais ça nous rallongerait vraiment et, quant à récupérer le biclou, autant en racheter un à Gap, ce serait plus vite fait.

 

Col de l’Aup Martin

 

J’allais oublier que d’Entre-les-Aygues, on peut aussi atteindre le refuge des Bans, mais ça suffit comme ça. Allez, au trot, et que ça saute (sur les cailloux), direction l’Argentière-la-Bessée !

( la suite au prochain numéro )

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

A biclou du Galibier à l’Izoard (4)

Dans le chapitre précédent, j’ai oublié de signaler qu’on pouvait rejoindre le col de Granon à Briançon par des crêtes fort avenantes (Croix de la Cime, Grande Peyrolle, Serre des Aigles), à pied mais pas à biclou, ce qui obligerait à retourner récupérer le biclou à Chantemerle. Mieux vaut donc découvrir cet itinéraire à partir de Briançon.

La crête Serre des Aigles/Grande Peyrolle

Tout impatients que nous sommes de mettre nos roues dans les roues des champions du Tour, il serait impardonnable de ne pas profiter de l’étape de Briançon pour découvrir quelques merveilles du Briançonnais. A commencer par la longue vallée de la Clarée, qui se remonte à biclou au moins jusqu’au refuge des Drayères (2167 m). J’en suis encore à me demander pourquoi la vallée de la Durance ne s’appelle pas vallée de la Clarée jusqu’au Rhône, ce qui seait bien plus joli. En effet, à leur confluent, le débit de la Clarée est bien plus important que celui de la Durance, qui n’est encore qu’un torrent. Est-ce  parce que la Clarée se jette dans la Durance par la droite, alors que la Durance va tout droit ? Mais, plus au Sud, c’est le Guil qui va tout droit et la Durance qui tourne à droite. L’argument ne me semble donc pas recevable. Cette toponymie doit être un héritage des tribus gauloises qui occupaient le coinsteau.

Virons donc à gauche, sur le chemin de Montgenèvre (nous y reviendrons), pour nous engager résolument dans la belle Clarée. Négligeant  quelques merveilles, dont la montée au col de l’Echelle, qui nous entraînerait à la découverte de la Vallée Etroite et des abords du Thabor (faut quand même pas abuser des petits détours), nous nous arrêterons, peu avant Névache, au lieudit le Cros où, laissant le biclou à la garde des vaches au pont sur la Clarée, nous remonterons le GR 57 jusqu’au col de l’Oule, en passant le long du grand lac de l’Oule. Fort  belle balade,  variée, sans difficulté.

grand lac de l’Oule

Allez, encore trois, et on redescend. Bivouac possible près du pont sur la Clarée. Puis on remonte la vallée bien au-delà de Névache pour atteindre les hauts vallons de la rivière, au replat qui porte le refuge de la Fruitière. Là, trois balades nous attendent. Commençons par la plus évidente : celle qui nous mène aux sources de la Clarée et au col des Rochilles (2456 m), en longeant l’enfilade des trois lacs. On pourra gagner du temps en remontant la piste à biclou jusqu’à la hauteur du refuge des Drayères.

Le Lac Rond et le seuil des Rochilles

Au col des Rochilles s’ouvrent à nous deux chemins vers la vallée de la Guisane, l’un par le col et le lac des Cerces vers le Casset, l’autre par la route et le col du Galibier. mais nous connaissons déjà, et puis, il faudrait venir récupérer le biclou, ce ne serait pas une mince affaire. Redescendons plutôt sagement au refuge de la fruitière où nous attendent deux autres balades.

L’une, vers le Sud/Ouest, jusqu’au col du Chardonnet par le lac du même nom. Au col (2638 m), vue imprenable sur la Guisane, les Ecrins et le massif de la Meije.

En montant au col du Chardonnet
La Barre des Ecrins depuis le col du Chardonnet

L’autre, vers le Nord/Ouest, jusqu’au Pic du Lac Blanc (2980 m) par les lacs Laramon et du Serpent. De la diversité. Vues imprenables sur le Lac Blanc, la Vallée Etroite et le Thabor.

Au lac du Serpent
Au pic du Lac Blanc

Allez on redescend à fond de train, direction Briançon. Mais, arrivé au confluent de la Clarée et de la Durance, quel dilemme ! On ne va tout de même pas faire semblant d’ignorer quelques merveilles des environs de Montgenèvre. Allez, c’est dite, on n’en garde que deux. D’abord, la montée au Chaberton, d’où, jadis, les canons italiens menaçaient Briançon.

Au Chaberton (3153 m)

L’autre vers le sommet du Chenaillet, pour y admirer ses célèbres basaltes en coussins ( pillow lavas ), reliques de la ride océanique, sur laquelle nous posons nos petons, rêvant au bon vieux temps ( ça doit tout de même remonter au Jurassique Inférieur, voire au Trias) où elle était en pleine activité au beau milieu ( ou à peu près) de l’océan Téthys, dont la fermeture, beaucoup plus tard, a initié la surrection des Alpes. Sur ces questions, consulter le blog très expert de Christian Nicollet ou le site Geol-Alp de Maurice Gidon.

Les ophiolites du Chenaillet

Signalons que, du Chenaillet par Cervières, le col d’Izoard n’est qu’à deux (enfin, quelques) pas. Mais il est dit que nous suivrons jusqu’au bout le chemin des écoliers emprunté par le Tour de France — en nous autorisant quelques détours. Il est temps de revenir à Briançon !

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire

A biclou du Galibier à l’Izoard (3)

Je suppose que notre bicloutier aura trouvé sans difficulté gîte et couvert au Monetier ou à Chantemerle. De Chantemerle, au petit matin, il s’engagera bravement sur les pentes du col de Granon, au Nord. Sans doute aurait-il intérêt à équiper le biclou d’un moteur électrique, car le parcours est long et la pente raide. Arrivé au col, il aura tout loisir de se reposer en bivouaquant sur les pentes gazonnées qui entourent le col. Belles vues dans toutes les directions, notamment sur les montagnes au-delà de la Clarée. Du col de Granon, deux chemins (au moins) permettent de gagner cette admirable vallée, mais ce serait, pour l’instant, allonger par trop notre trajet.

Au col de Granon (2404 m)

De retour à Chantemerle, le lendemain (ou le surlendemain), le bicloutier fatigué pourra se contenter d’emprunter le téléphérique du col  de Serre-Chevalier. De la table d’orientation, vue panoramique sur les collines environnantes. Retour à pied par de longs lacets sur les pentes faciles, dans un environnement semi-forestier.

Le  lendemain, nous gagnerons, pépère, Briançon la Belle, qui mérite au moins quarante-huit heures de séjour. Aux  admirables fortifs vaubanesques, je préfère pour ma part la belle collégiale baroque Notre-Dame-et-Saint-Nicolas, si harmonieuse et paisible, que jouxte au surplus une esplanade avec belle vue.

Publié dans Non classé | Laisser un commentaire