Claude Lanzmann est mort

Comme le plupart des gens, je pense, je ne connais guère Claude Lanzmann que par Shoah , le film qui le fit connaître du grand public, tout en popularisant par son titre ce terme hébreu qui désigne aujourd’hui couramment l’entreprise d’extermination des Juifs par les Nazis.

Dans ma mémoire, Shoah a subi, cependant, les dommages de bien d’autres oeuvres cinématographiques et littéraires. Il ne m’en reste aujourd’hui que quelques vagues images.

Cependant, l’imprécision du souvenir n’a pas fait disparaître la forte impression que me fit alors ce film. Bien qu’informé depuis longtemps sur la Solution Finale, j’eus le sentiment de découvrir, le jour où je l’ai vu, toute l’ampleur et toute l’horreur humaine de l’entreprise nazie. Sont particulièrement importants, dans le film, à cet égard, les témoignages d’anciennes victimes et d’anciens tortionnaires.

Shoah, me paraît aujourd’hui garder toute son importance, à une époque où resurgissent des formes plus ou moins virulentes d’antisémitisme. Il contribue puissamment à ce travail de mémoire qui s’impose à nous et aux générations qui vont nous suivre.

Pour l’effet révélateur qu’il eut sur moi et qui ne manquera pas de s’exercer dans l’avenir sur bien d’autres, honneur à vous, Claude Lanzmann. et merci.

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Travailler à rendre la vie supportable

 » Travaillons sans raisonner, c’est la seule façon de rendre la vie supportable « , dit, à la fin du roman, un des personnages du Candide de Voltaire.

Je ne sais pas si travailler sans raisonner est la seule façon de rendre la vie supportable. Je doute même qu’elle soit la meilleure. Tout dépend évidemment de ce qu’on entend par « raisonner » mais je me demande ce que, du côté de F.O. ou de la C.G.T., on pense de cette façon de travailler, qui ressemble à celle du boeuf de labour.

Quoi qu’il en soit, ce qui est le plus important dans cette formule voltairienne, c’est moins la solution qu’elle propose que le problème qu’elle pose.  Ce qu’affirme Voltaire ici, c’est que la vie est insupportable tant qu’on n’a pas trouvé de moyens pour la rendre supportable.

Car enfin, regardons les choses en face : nés sans savoir pourquoi et sans l’avoir demandé, nous sommes promis, au terme de quelques années d’existence terrestre, à cette « fin miteuse  » dont parlait Sartre, à laquelle préludent les souffrances de la maladie, de la déchéance, de la perte des êtres chers, etc. En attendant ce dénouement sans gloire, la plupart d’entre nous auront dû se battre, souvent sans grand succès, pour s’assurer une existence pas trop malheureuse et des conditions de vie à peu près décentes. Et encore avons-nous la chance (relative) de vivre sur un des rares coins de la planète où les humains accèdent, en majorité, à des conditions d’existence décente.

Aussi est-on fondé à se demander, avec Sophocle, s’il vaudrait mieux ne pas être né. Camus avait raison : le seul problème philosophique sérieux est celui du suicide. L’acharnement de toutes les sociétés, la nôtre comprise, à jeter l’opprobre sur le suicide et à interdire toute aide à ses candidats est révélateur de leur peur de voir un nombre trop considérable de leurs membres céder à la tentation.

Tout-à-l’heure, rangeant la vaisselle récemment lavée, je restai en contemplation devant un verre de cristal finement guilloché (c’est comme ça qu’on dit ?). Et je me disais que tout l’effort collectif de l’humanité, avait été, depuis la nuit des temps, de se rendre la vie supportable, par d’innombrables moyens, les uns très simples, très frustres même, les autres éminemment sophistiqués. Dans ce registre, du point de vue de la fin visée, l’art de langer un bébé vaut le message biblique et celui de guillocher (?) un verre de cristal vaut les plus hautes productions de la littérature et de l’art. C’est du moins mon sentiment.

Bien entendu, on ne peut pas dire que les humains aient collectivement réussi à rendre la vie pleinement supportable, ne serait-ce que pour avoir si souvent  cru que, pour se rendre la vie supportable, il fallait rendre celle des autres insupportable.

Quoi qu’il en soit, Voltaire, à la fin de Candide, pose fortement, avec raison, la nécessité de rendre la vie supportable. Rendre la vie supportable est l’objectif de tout art de vivre.

Quant à moi, je me dis que, pour rendre la vie supportable, il faut commencer par tâcher de se rendre sa propre vie supportable. Et pour y arriver (c’est du moins mon point de vue), une des conditions sine qua non est de tâcher d’aider les autres à rendre leur vie supportable. C’est d’ailleurs la base de toute existence sociale.

J’ai 77 ans, et je me dis que si, vers 20 ans et même avant, je m’étais fixé ce double  objectif, j’aurais perdu moins de temps et j’aurais évité un certain nombre de grosses erreurs que je passe mon temps à regretter. Mais enfin, il n’est jamais trop tard pour se réformer.

Rendre la vie supportable : tâche quotidienne, multiforme, infime et très haute, acharnée, sans cesse à reprendre, qui me renvoie inévitablement à mon rapport à moi et à mon rapport aux autres.

 

Rendre la vie supportable : c’est désormais mon mot d’ordre.

 

Quantum est in me .

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Vulgarités pêchées sur France 2

Actuellement, dans les séquences publicitaires de France 2, repasse en boucle une réclame particulièrement antipathique pour une firme de repas diététiques à l’adresse des gens qui se trouvent trop gros. Créneau porteur, dans un pays où les obèses représentent un pourcentage non négligeable de la population. D’une voix d’ado prépubère attardée, une greluche dont le visage lourdingue atteste qu’elle a abusé du maquillage nous informe que Marjolaine a perdu, depuis  un samedi qu’elle ne situe pas dans le calendrier, une bonne centaine de kilos, tandis que son haltère eh gros Dukhôn Dugland en a perdu deux cents depuis une date non précisée.  » Et vous, nous apostrophe la  greluche, avec une agressivité vulgaire au possible,vous attendez QUOI ?  » ; Eh ben, on attend de peser cinq cents kilos, ma brave grognasse.

Au cas où on attendrait de n’en peser que cent cinquante, la boîte nous promet sept jours de repas gratuits. Après, évidemment, ce sera différent. Pendant un moment, nos annonceurs nous ont même promis une remise de cinquante pour cent sur sept repas promis comme gratuits. Si je ne me trompe, cinquante pour cent de gratuit, ça fait zéro. Les concepteurs de la pub ont tout de même fini par saisir l’ineptie de la proposition et l’ont foutue au panier. Ouf !

L’après-midi, vers 17h, France 2, une chaîne décidément très branchée sur la question bouffe, sert à son public une émission appelée « Chérie, c’est moi le chef » : des couples y rivalisent d’habileté pour réaliser une recette de cuisine généralement pas facile. C’est le mari qui est aux fourneaux ; la femme lui donne ses directives depuis une cabine, par micro interposé. Cela donne à peu près : « Eh ben, qu’est-ce que tu attends pour découper tes radis ?… Mais, mais non ! pas comme ça ! Mais qu’est-ce qui m’a foutu une tourte pareille ! Mais qu’est-ce que t’attends pour l’y foutre dans ton chinois, gros naze ?  »

Etc. De quoi vous  dégoûter du marida.

Cependant, l’avantage de cette émission sur la pub précédemment évoquée, c’est qu’elle ne se prend pas au sérieux et que son propos avoué est de faire rire, et non d’inciter les gens à casser leur tirelire.

Quoi qu’il en soit, si vous avez d’autres distractions pour votre après-midi, n’hésitez pas !

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Les Noirs, concurrents sérieux des Blancs

Selon de récentes infos, dans moins de cinquante ans, la population de la planète sera composée, à 75 %,  de Noirs.

Alors, les Blancs, oh, eh, hein, bon …

D’autant que les Noirs sont pas mal non plus.

Les Noirs sont pas pour des prunes.

Le veto m’a dit :  » Prenez-le dans vos bras, je vais l’endormir. Ensuite, vous partirez, et je lui ferai l’injection létale « .

 

Il s’est endormi dans mes bras, et il est parti sans souffrir.

 

Et nous ? Pourquoi pas nous ? Ce qu’on accorde aux animaux, pourquoi nous le refuse-t-on ? L’euthanasie est un geste si simple et si humain.

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Les Blancs sont d’une essence supérieure !

Victime probable d’une crypto-sympathie pour les nazos-fachos amerlauds, il m’a déclaré ce matin, sans ambages :

 » Ou tu proclames que, blanc comme je suis, je suis d’une espèce supérieure, ou je te griffe.  »

On pense bien que  je me suis exécuté.

D’autant qu’il a les yeux bleus.

Un bonze-Aryen, en somme.

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A biclou du Galibier à l’Izoard (7)

Cette fois, c’est décidé ! Pleins gaz direction Mont-Dauphin, que j’entrevois au bout des lignes droites. Et si on changeait de côté un peu pour voir ? C’est pas mal aussi, du côté de l’Est. Je ne sais plus si c’est de la Roche de Rame ou de Saint-Crépin que je partis pour rejoindre une haute vallée que surmontaient de longues crêtes, assez molles il est vrai, parsemées de lacs. Je me rappelle qu’on peut atteindre à biclou la rupture de pente au-delà de laquelle s’ouvre cette haute vallée, jadis  occupée par un glacier. On peut même biclouter bien au-delà.

Les lacs du Lauzet., au-dessus de Saint-Crépin

Poursuivant sa route plein Sud, le bicloutier ne saurait ignorer les magnificences de Mont-Dauphin. Parmi elles, l’église baroque, que l’on comparera à celle de Briançon (vide supra).

Eglise Saint-Louis, Mont-Dauphin

De Mont-Dauphin, on poussera jusqu’à Eygliers, d’où, empruntant la D 37, on s’en ira dominer les gorges du Guil, jusqu’au-dessus de la Maison du Roy.

Hameau de Gros, commune d’Eygliers

Mais, au pied des vaubanesques fortifs, voici que le Guil a rejoint la Durance, et que le peloton vire plein Ouest. Quant à nous, nous nous autoriserons une bicloutesque escapade en direction de Risoul, perché là-haut, que nous rejoindrons par une série de larges lacets, dans une ambiance forestière, avant d’atteindre le lac du Pré du Laus.

Lac du Pré du Laus, Risoul

Au Sud-Est, le col de Saluces ! On ne saurait s’y dérober. Vue plongeante sur les alpages de Vars.

Le pic de Chabrières (2746 m), au Sud du col de Saluces (2444 m)

Bon, il est temps de redescendre, sinon nous ne rejoindrons jamais l’Izoard dans les temps. Mais à Saint-Clément-sur-Durance, nous bifurquerons à nouveau, vers le N/N/O,  et le parc national des Ecrins pour remonter ( à biclou ) le long vallon qui nous mènera à la cabane de Saint-Clément, au pied du haut vallon du Couleau, dominé par le pic de Rochelaire et la tête de Vautisse.

La cabane de Saint-Clément
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Tautologie tétonlogique

Notre championne du disque, médaillée de bronze aux championnats du monde, s’appelle Malvina Robert-Nichon.

 

J’ai beau être un enthousiaste partisan des avancées féminines, j’ai pensé qu’entre robert et nichon, on pouvait choisir, de façon à éviter cette fâcheuse redondance pléonastique. Surtout avec le look d’Amazone qu’elle a.

 

N’en rajoutons pas !

 

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